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Argumentaire contre les gaz de schiste

  • Publié : 14 février 2015
  • Mis à jour : 3 octobre 2015

De quoi parle-t-on ?

Les "gaz de schiste" (ou " gaz de roche mère" ou "hydrocarbures gazeux non conventionnels") sont des gaz naturels emprisonnés par petites quantités dans des roches compactes à grande profondeur. La seule façon de les extraire est d’éclater la "roche mère" pour pouvoir les récupérer en quantité suffisante : c’est la fracturation.
La technique utilisée à ce jour aux USA, au Canada ou en Pologne est la "fracturation hydraulique" : on envoie dans des forages profonds de grandes quantités d’eau sous haute pression, additionnée de sable et de produits toxiques, pour créer des failles qui permettront au gaz de se rassembler dans le forage pour en être extraits. Les impacts dramatiques de cette technique sont déjà visibles aux USA où elle est pratiquée depuis près de 10 ans : - Consommation énorme d’eau (la consommation de 100 000 personnes pendant 24 heures pour une fracturation)
- Migration non contrôlée dans le sous-sol d’eau polluée par des produits toxiques
- Retour en surface d’une partie de cette eau polluée
- Remontée des polluants (gaz, métaux lourds, éléments radioactifs…) le long des tubages et des fractures, avec risque de pollution des nappes phréatiques, du sol et de l’air
- Augmentation notable du risque de séismes
- Destruction du cadre de vie (il faut des centaines voire des milliers de puits)
- Et bien entendu augmentation des gaz à effet de serre et réchauffement climatique quand on utilise le gaz ;

Que dit la loi Jacob ?

La loi votée par le Parlement Français en juillet 2011 n’abroge pas les permis de recherche octroyés par le Gouvernement aux sociétés pétrolières mais interdit le recours à la fracturation hydraulique, sauf "à fin de recherche scientifique".
Depuis les industriels maintiennent la pression sur les dirigeants politiques pour déroger à la loi avec, par exemple, une fracturation "non hydraulique ", avec du propane liquéfié ou de l’hélium. Mais ce n’est pas seulement le fait d’utiliser de l’eau pour la fracturation qui rend la technique dangereuse, c’est la fracturation elle-même qui, en créant des failles incontrôlées dans le sous-sol, provoque des perturbations graves dans l’écoulement des nappes présentes, leur pollution par le gaz recherché et par des éléments, en particulier radioactifs, présents à grande profondeur, tout en présentant les mêmes risques en surface pour l’air et par conséquent pour les populations.
C’est pourquoi nous exigeons l’interdiction de toute exploitation des hydrocarbures liquides ou gazeux non conventionnels, quelle que soit la technique utilisée.

VRAI – FAUX / Pouvons-nous croire les compagnies pétrolières ?

- La fracturation hydraulique est interdite en France
FAUX : elle est autorisée pour « des expérimentations à fin de recherche scientifique », c’est-à-dire l’exploration des gaz de schiste « sous contrôle public » (art.2 de la loi du 13/07/2011). Et les lobbies pétroliers poussent à l’abrogation de cette loi (campagne médiatique en cours)

- La fracturation hydraulique ne met pas en danger les réserves d’eau
FAUX : une fracturation hydraulique nécessite 15 à 20 millions de litres d’eau ; pour un seul puits on peut faire 6 à 10 fracturations à l’horizontal, ce qui nécessite donc 200 millions de litres d’eau par puits. _ Aux USA il y a conflit entre extraction de gaz de schiste et irrigation.

- Le gaz de schiste ne peut pas polluer l’eau, sauf malfaçon des forages
FAUX : il peut migrer « jusqu’à certains aquifères (nappes phréatiques), voire jusqu’en surface » (rapport confidentiel du Bureau de Recherche Géologique et Minière, France, travaux de Tom Myers, USA)

- Le gaz de schiste est une énergie fossile parmi les plus « propres
FAUX  : « du point de vue climatique, il est pire que le gaz conventionnel, que le charbon et le pétrole » ; il peut y avoir jusqu’à 8% de fuite de méthane à différents niveaux lors de l’extraction ; or il produit un effet de serre 25 fois supérieur à celui du CO2 pétrole (National Oceanic and Atmospheric Administration, Université de Boulder et Université de Cornell, USA)

- Les pollutions observées aux USA ne concernent que les nappes phréatiques
FAUX : la forte concentration des minéraux qui remontent des roches profondes et les substances toxiques des liquides de fracturation, stérilisent les sols, polluent les rivières et l’atmosphère et entraînent de graves pathologies chez l’homme (Science of Total Environment)

- Les gaz de schiste amélioreraient notre balance commerciale
VRAI : … mais de 5 milliards d’euros sur les 45 milliards d’importation du pétrole et du gaz (Conseil Général de l’Industrie, France), beaucoup moins que les économies engendrées par la sobriété énergétique (selon Négawatt).

- Le gaz de schiste créerait des emplois
VRAI : … quelques centaines seulement, selon le Conseil Général de l’Industrie, France, beaucoup moins que ceux perdus dans l’agriculture ou le tourisme ( Fracking Research and Information Center de Sligo, Canada)

- Le gaz de schiste permettrait de retrouver la croissance
FAUX : « ce qui se dit dans le monde des industriels indépendants, c’est que le business des gaz de schistes n’est qu’une « chaîne de Ponzi »* (montage financier frauduleux, comme les emprunts toxiques des subprimes) » ; « il est plus rentable de spéculer sur les titres des concessions que de creuser des puits… » (article du New-York Times)

- Les estimations des compagnies pétrolières sont fiables
FAUX : en Pologne, elles estimaient l’année dernière les réserves à 5 300 milliards de m3 ( EIA, USA), alors qu’elles représenteraient de 350 à 770 milliards de m3 ( étude officielle de l’Institut National de Géologie polonais et d’experts américains)

- Tous les citoyens des Etats-Unis et du Canada sont satisfaits de ce « nouvel El Dorado »
FAUX : de très nombreux citoyens protestent, l’Etat de New-York et celui du Vermont ont décrété un moratoire.