Association Cyclamen

Accès rapide

Vous êtes ici : Accueil > Elections municipales 2020 > Aux candidats et futurs élus

Aux candidats et futurs élus

Un enjeu : l’aménagement du territoire

  • Publié : 3 mars 2020
  • Mis à jour : 6 mars 2020

Depuis 24 ans, l’association Cyclamen a comme but la protection des sites, de la faune, de la flore et de la biodiversité sur un territoire qui s’étend de Rumilly au cœur des Bauges, un territoire entre ville et ruralité au fil du Chéran.

Ce territoire, depuis la loi Notre et le redécoupage administratif, est rattaché à de grandes communautés urbaines (Chambéry, Aix les Bains, Annecy, exception pour Rumilly Terre de Savoie), ce qui peut, à terme, exacerber l’antagonisme entre vie urbaine et vie rurale.

Comment ne pas être interpellé par la masse de constructions qui avale les terres agricoles et les espaces verts. Pour exemples : la zone industrielle de Seynod qui menace de s’étendre jusqu’à St Félix, les constructions qui se touchent entre Rumilly et Martenex, les zones humides qui ont disparu entre Rumilly et Bloye. Et que dire des projets d’aménagement dans les Bauges (parc animalier, retenues collinaires à La Féclaz ou au Semnoz).

D’où une attention particulière à apporter à tous les documents d’urbanisme que les élus locaux élaborent et votent : Schémas de Cohérence Territoriale (SCOT) Plans Locaux d’Urbaniste communaux ou Intercommunaux (PLU ou PLUI)

Dans un territoire économiquement privilégié, à forte croissance démographique, ces documents jouent un rôle de garde-fous par rapport à la pression foncière et des choix qui sont faits par nos élus dépendent le maintien de la biodiversité, la qualité de notre environnement, et les ressources disponibles.

Un enjeu des élections municipales : l’aménagement du territoire

1. Maintien de la biodiversité* et des milieux naturels

La biodiversité est un maillon indispensable puisqu’elle nous fournit des biens irremplaçables et indispensables à notre survie :
- La nourriture : directement par les plantes, poissons et viande et indirectement en contribuant à l’agriculture (plus la biodiversité est grande, plus nos cultures résistent aux ravageurs, maladies et changements climatique, plus le sol est fertile, meilleure est la pollinisation),
- L’eau,
- L’oxygène,
- Les matières premières pour l’industrie, les fibres textiles, les substances actives des médicaments, les matériaux de construction et de chauffage.

Mais aussi parce que les milieux naturels contribuent à une épuration naturelle de l’eau, à la prévention des inondations, à la qualité de l’atmosphère, aux cycles de régulation du climat, à la structuration des paysages et à l’amélioration de notre cadre de vie.

* La biodiversité est le tissu vivant de notre planète. Elle recouvre l’ensemble des milieux naturels et des formes de vie (plantes, animaux, champignons, bactéries, virus...). Nous autres humains appartenons à une espèce qui constitue l’un des fils de ce tissu.

Face à ces constats, que faire ? : Quelques suggestions de Cyclamen :
- Eviter la fragmentation et la destruction des milieux naturels en adoptant une urbanisation bien pensée : préserver des corridors écologiques pour faciliter le passage des animaux.
- Réaliser des inventaires naturalistes dans les communes (sur le modèle des atlas de la biodiversité communale) afin que les élus et le public connaissent la richesse de leur territoire afin de mieux le protéger.
- Favoriser la biodiversité dans les espaces publics et privés : végétaux mellifères et variés, mares, murs de pierres sèches, tas de bois morts, installation de nichoirs, limiter la pollution lumineuse…
- Laisser un maximum d’espaces naturels en libre évolution sans aucune gestion. Exemple des refuges ASPAS (Association Pour la Protection des Animaux Sauvages).

2. La qualité de notre environnement

L’urbanisation mal maitrisée impacte aussi la qualité de notre environnement :
Plus de population, plus de circulation, plus de déchets, plus d’artificialisation des sols avec ses conséquences sur le climat, la qualité de l’air, de l’eau, la santé des habitants.

Face à ces constats que faire ? : Quelques suggestions de Cyclamen :
- Diminuer l’impact de la voiture individuelle :
- Renforcer l’offre, l’accès et l’attractivité des transports en commun.
- Mettre en place une vraie politique de covoiturage et cela en liaison avec les usines et entreprises. Faciliter l’autopartage et l’autostop organisé (signalisation des arrêts et des véhicules).
- Développer massivement les voies vertes pour encourager les déplacements doux : marche à pieds, vélos en lien avec toutes les communes en concevant des plans intercommunaux pour éviter les ruptures.
- Imaginer tout ce qui peut diminuer l’usage de la voiture : par exemple organiser des accompagnements à pied pour les enfants qui vont à l’école.

3. Les ressources disponibles

C’est maintenant un fait acquis (mais peut-être pas encore pour tout le monde) que notre planète Terre est un espace fini et qu’une croissance infinie n’est plus envisageable. L’heure est au recyclage et à la réutilisation de tous les matériaux, l’obsolescence programmée n’est plus d’actualité.

Dans cet espace limité, les ressources disponibles sont elles aussi limitées et doivent faire l’objet d’une attention constante si l’on souhaite que notre terre reste vivable.

Notre territoire est aussi un espace fini et défini, quid des ressources et des éléments qui le constitue ?
- L’eau, que nous buvons et utilisons,
- La terre qui nous nourrit,
- L’air que nous respirons.

L’excès d’urbanisation a un impact direct sur un bien commun essentiel : l’eau. Un exemple : les chemins deviennent des routes asphaltées, les eaux de pluie ne peuvent plus s’infiltrer et génèrent des inondations, la disparition des zones tampons que sont les zones humides, et de surcroit ces eaux sont désormais polluées.

L’excès d’urbanisation a aussi un impact négatif sur les terres agricoles cultivables qui elles aussi sont sacrifiées et disparaissent sous la pression foncière entre lotissements et zones commerciales. Quid de l’Albanais autrefois terres à blé et aujourd’hui fortement amputées ?

L’excès d’urbanisation génère un afflux de nouveaux résidents, lesquels sont aussi propriétaires et utilisateurs de véhicules qui ajoutent à la pollution de l’atmosphère. Cet afflux a désormais un impact négatif sur la qualité de l’air que nous respirons. Les taux de pollution sont bientôt équivalents à ceux mesurés dans la vallée de l’Arve.

Face à ces constats, que faire ? : Quelques suggestions de Cyclamen :

- En ce qui concerne l’eau et les terres, l’urgence pour les communes serait de proscrire l’usage des pesticides et de tous les produits phytosanitaires dangereux. Tous, en plus des pollutions générées, ont des répercussions sur la santé de tous les êtres vivants.
- Engager des actions de sensibilisation sur la dangerosité de ces produits et de leur utilisation auprès de tous les citoyens, agriculteurs, jardiniers serait un premier pas.
- Préserver les terres agricoles plutôt que les sacrifier en encourageant l’installation de nouveaux agriculteurs, maraîchers, afin de favoriser les circuits courts qui proposent des produits frais et de qualité. Ces circuits courts ont aussi l’avantage de renforcer les liens entre producteurs et consommateurs.
- Encourager en ville les syndics d’immeubles à mettre en place des espaces de compostages à proximité des constructions.
- Etendre la création de jardins familiaux qui structurent de nouveaux paysages, dépassent la seule fonction de jardinage car ils sont des lieux d’échanges, de convivialité, de citoyenneté et correspondent à un besoin croissant de reconnexion avec la nature et le vivant.
- Développer auprès des propriétaires de bâtiments ou de logements vétustes, mal isolés des politiques d’incitation à la restauration du bâti. Ce qui aurait comme atout de densifier les centres villes et villages au lieu de sacrifier la campagne.
- Développer la mobilité « douce » en favorisant transports en communs, partage de véhicules, co-voiturage, création de voie verte pour les cyclistes.

En conclusion

Ces élections municipales sont des élections locales au plus près des citoyens, au plus près d’un territoire partagé.

Ces citoyens, comme tout un chacun, sont aujourd’hui confrontés à une masse d’informations toutes plus alarmistes les unes que les autres qui vont des thèses des collapsologues à celles des climatoseptiques, mais néanmoins nous assistons chez certains à une prise de conscience collective et à un réveil vert.

Que les futurs élus accompagnent cette prise de conscience citoyenne et verte pour que notre Terre reste à terme vivable pour tous.

Que les futurs élus soient conscients de ces enjeux sociétaux et qu’ils prennent appui sur les citoyens motivés, mobilisés et développent au sein de leur commune des dynamiques participatives : collectifs d’habitants, conseil de quartier, toutes instances où une démocratie participative peut s’exercer.

Et bien sûr que des projets en lien avec la jeunesse soient mis en œuvre.
Sensibiliser les enfants et les jeunes à la préservation de la planète en commençant par la préservation de leur territoire.
Ce sont eux les citoyens de demain et leur avenir est en jeu.

Faire de votre commune et votre communauté de communes un modèle pour la transition sociale et écologique est l’enjeu majeur actuel.

L’ADEME a publié un recueil de 20 fiches pratiques conçues pour vous donner des clés pratiques pour passer à l’action (https://www.ademe.fr/demain-territoire).

D’autre part, 60 associations, dont entre autres Greenpeace, France Nature Environnement, Fondation Nicolas Hulot, Les Amis de la Terre, Colibris, le Secours Catholique, ont mis en place un Pacte pour la transition (https://www.pacte-transition.org/) composé de 32 mesures concrètes pour construire des communes plus écologiques et plus justes.

L’adhésion à ce pacte serait le signal fort de votre liste et de votre projet à l’environnement.

L’association CYCLAMEN, à l’issue d’une réflexion commune de ses membres, a mis en ligne sur son site une liste de propositions complémentaires : elle reste présente pour vous aider à les décliner sur le plan local.

OpenDocument Text - 39.3 ko

}